Pourquoi de la philo pendant la pub ?
L’homme immergé dans la nature
- Distinction confuse entre l’homme et l’univers.
- Échange constant, à double sens, entre l’un et l’autre.
- Et cette confusion entraîne deux tendances particulièrement propres à la mentalité primitive :
1. L’anthropomorphisme.
L’ÊTRE HUMAIN, devient très tôt un SPÉCIALISTE DE LA PROJECTION. Il attribue facilement et spontanément des caractères humains à tout ce qui l’entoure. Son environnement s’humanise.
LE PRIMITIF prête VIE (Animisme ) aux choses inanimées : le soleil, la lune, l’arbre, la montagne, les océans, le totem, tout s’anime autour de lui et s’affuble de noms.
Il voit des ESPRITS ou des DIEUX partout. La matière est tout aussi animée qu’il peut l’être lui-même.
Le monde devient comme un château hanté, un royaume pour l’enfance d’un chacun, un Walt Disney permanent.
Il prête des sentiments aux choses naturelles et ces intentions de l’univers peuvent être ou hostiles ou favorables. Le primitif voit dans les choses des amis ou des ennemis.
Si l’on se fit à Homère, l’océan, les récifs, les tempêtes sont autant de divinités hostiles ou bienfaisantes dont Ulysse fait les frais.
L’enfant qui vient de se couper dira que le couteau est méchant.
2. L’anthropocentrisme
a) Finalisme anthropocentrique. Tout est fait pour l’homme. Tout existe en fonction de l’homme, tout est au service de l’homme.
L’univers porte l’homme comme le bateau le porte sur la mer.
b) L’univers est bavard. Il parle à l’homme. Tout est signes. Messages. Sens. Les comètes, les éclipses sont porteuses de messages. L’homme lit son destin dans l’univers.
Tout est signe : Les Astres, planète, comètes, aruspices doublés de chamans, de pythies ou de sorciers inventent le futur à qui mieux mieux comme les tabloïds ou les économistes en début d’année.
La causalité est comme une immense toile d’araignée qui englobe tout dans un énorme réseau d’influence. Tout est inter relié et peut donner lieu à une foule de superstitions
C’est l’effet papillon avant le temps.
Les petites causes entraînent des effets monstres.
L’envol d’un moineau, à gauche ou à droite, décide de la guerre de Troie. Le Chaos n’est pas si chaotique que l’on aurait cru.
On évite un danger spécifique en touchant du bois… Les superstitions relèvent de la même logique
Aujourd’hui l’univers pour certains est muet comme une carpe.
Pour d’autres, il livre son bla-bla-bla par l’entremise du Hasard à travers les cartes, l’astrologie, les lignes de la main, les fonds de tasses de thé, le tarot, les boules de cristal, les horoscopes, les poules pondeuses d’horoscopes, etc.
Question : Est-ce que l’univers nous parle ?
c) Le mal physique (catastrophe, maladie, mort, épidémie, déluge) n’a pas de cause naturelle mais est une conséquence d’une faute morale. Tout est punition ou récompense.
La connaissance du primitif
L'art de raisonner « primitivement » :
Une hutte vient de s’écrouler. La cause n’est pas les termites qui ont mangé les piliers mais le sorcier qui a jeté un mauvais sort.
On trouve dans un requin deux bracelets ayant appartenu à l’épouse d’un membre de la tribu X, qui était disparue depuis un mois. Le requin a dévoré la dame ? Trop simple, même simpliste.
C’est le sorcier de la tribu ennemie qui a commandé au requin de lui apporter la dame et a donné au requin les deux bracelets en récompense de ses services.
PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES
L’intempérance de l’intelligence
Comme l’enfant, le primitif pose plus de questions qu’il n’en peut résoudre.
En tant qu’être intelligent, il n’accepte pas les phénomènes tels quels, il veut les comprendre et pose des questions à l’infini.
Cependant il dispose de peu de moyens pour y répondre; un peu comme n’importe qui d’entre nous… si nous n’étions pas juchés sur les épaules de quelques centaines de générations qui chacune, après moult tentatives ou erreurs, a apporté un peu de la lumière qui nous éclaire aujourd’hui et nous permet de bomber le torse en raison de nos compétences cognitives.
Tous ces efforts, ces aberrations, ont un grand mérite, celui de montrer l’énorme différence entre l’animal et l’être humain. Si primitif soit-il. L’homme est cet animal qui veut comprendre et qui a un point d’interrogation planté dans le cerveau, ce qui l’amène à spéculer sur le travail des termites ou sur l’espace-temps.
Et cette démangeaison est tellement impérative qu’il ne peut accepter son impuissance et pour la soulager il aura tendance à s’inventer des réponses… qui assurent un repos temporaire à ses inquiétudes.
La difficulté fondamentale du primitif est qu’il est incapable de se soumettre à une certaine ascèse de l’intelligence, d’avouer ou d’accepter son ignorance.
Ne pas oublier qu’il y a à peine un siècle on avait des remèdes pour toutes les maladies dans le fond de nos campagnes. Aujourd’hui … un peu moins mais plus efficaces.
L’enfant est-ce primitif qui pose tant de questions et exige des réponses à tout.
Réapprenons à poser des : Quoi? Qui? Pourquoi? Comment? Avec quoi?
Deux conséquences
1) Recours à la causalité psychique
2) Recours à l’explication mythique.
A. Recours à la causalité psychique.
Le primitif (et souvent le moderne) expérimente le pouvoir de son esprit sur ses membres, ses gestes. La tentation est forte ou facile d’extrapoler ce pouvoir aux choses qui l’entourent, de le majorer et d’en faire des détenteurs privilégiés. Le primitif maîtrise certaines techniques pour la fabrication de ses modestes outils (radeau, massue, lance, etc. ) mais il est sans prise sur les éléments. On construit l’embarcation de son mieux, mais on est sans prise sur le comportement de l’océan qui devra le porter. On fait la flèche de son mieux, mais le contrôle de sa direction lui échappe pour une bonne part. On cherche des causes ultimes…qui ne sont pas si ultimes que ça.
Tout s’anime autour d’eux, l’univers devient émotif, les forces de la nature deviennent amicales ou hostiles; elles sont justes, iniques ou arbitraires à l’égard de l’homme. Elles ont un mérite : elles permettent de fournir une explication à la présence du Mal dans le monde et souvent de le rattacher au mal de l’homme lui-même.
Il reste des impondérables, qui échappent à toute loi universelle. C’est ici que, par leur pouvoir particulier, les sorciers, chamans permettent de comprendre les accidents et les contingences de la vie. On ne meurt pas de vieillesse mais par un mauvais sort la maladie est une punition ou vient d’un mauvais esprit… On meurt par décret, par punition, par mauvais œil. La vie du primitif est en constante dépendance d’un vouloir qui lui est extrinsèque.
Et les entremetteurs de ce monde sont les chamans, les mages et les sorciers. Certains voyagent entre les deux mondes, physique et spirituel. Ils sont en contacts directs avec le monde des ancêtres, peuvent laborieusement neutraliser l’action des esprits maléfiques. En transe, ils peuvent extraire le mal du corps d’un malade mais doivent relocaliser la chose ailleurs, dans le corps d’un ennemi.
Survivance de l’esprit primitif : « punir » le marteau qui vient de nous taper sur les doigts en le jetant parterre.
C’est une crise d’animisme
Idem donner un nom à sa voiture.
B) Recours à l’explication mythique
On préfère n’importe quelle explication plutôt que n’en point avoir tout. Un cas fort compréhensible de l’intempérance de l’esprit.
NATURE du MYTHE
Le sens premier qui vient à l’esprit quand on parle de mythe, de mythique est l’irréalité de ce dont on parle.
De nos jours cependant le sens du mythe s’est approfondi et s’est enrichi en tenant davantage compte de sa pratique dans une collectivité.
Sous l’écaille de la fiction (histoire ou personnage), on aime à voir un noyau solide, un sens profond d’une portée qui va au-delà de la petite mise en scène qui satisfait l’imagination. La célébration du mythe joue de plus un rôle important au plan personnel, tribal ou social dans les communautés primitives… et même modernes. Elle dégage une force qui vient soutenir les individus ou les communautés.
Le mythe est, pourrait-on dire, une idée qui s’incarne, qui s’exprime dans une image concrète et qui exerce une certaine fonction dans une communauté et donne lieu à des célébrations rituelles.
Le mythe est une idée.
L’être humain, l’être intelligent, primitif ou moderne, enfant ou adulte, veut comprendre et le mythe apporte des réponses qui, faute de mieux, répondent à ce besoin fondamental.
LES MYTHES D’ORIGINE : le primitif, à la différence de l’animal (c’est là le grand saut dans l’existence), prend conscience de sa contingence. Il vit, mais sait avec tout l’évidence désirable qu’il n’est pas responsable de son existence, qu’il est sans prise sur elle pour la prolonger; autour de lui tout ce qu’il voit est dans la même situation (les parents ) et ne peut rendre compte de leur propre existence encore moins de la sienne; il ne lui vient pas à l’idée d’expliquer l’existence par la non-existence, la vie par l’absence de vie, l’intelligence par la débilité de la matière, l’être par le néant. Et si à l’occasion il semble adorer la matière, il prend soin, à la différence de certains modernes, de la diviniser avant de l’adorer. Que de noms donnés à ces formes de PLUS-ÊTRE dont dépend notre misérable existence. Et le ciel se peuple de dieux, mâles ou femelles, de réalité qui ont un tout petit mérite : elles sont d’un niveau supérieur (tous les degrés sont possibles) à ce qu’elles doivent expliquer et rendre intelligible. Et le primitif reconnaît sa dépendance et adore « avec crainte et tremblement ».
LA JUSTIFICATION DES INSTITUTIONS. Le mythe vient justifier en les fondant les institutions sociales qui ne sont pas toujours évidentes; il assure ainsi une certaine cohésion sociale au groupe et lui permet de survivre : l’autorité du chef, l’obéissance des subordonnés, le respect des hiérarchies, la sauvegarde de la famille, la solidarité de la communauté. Les règles morales fondamentales (inceste) ou les pratiques économiques trouvent dans des mythes leur justification. Les personnages qu’on s’invente et les histoires qu’on se raconte sont pour la communauté des capsules vitaminées, des petits traités de philosophie politique ou morale et même des traités élémentaires d’économie…avec toutes les erreurs dont l’espèce humaine est capable.
Le mythe est une image
L’idée, souvent fort importante et même valable, est concrétisée dans une histoire, dans des évènements concrets ou dans un personnage. Celui qui vit le mythe en plénitude ne considère pas l’évènement comme fictif.
Le mythe est comme un intermédiaire
entre : l’abstrait et le concret, l’intelligible et le sensible, la conscience et l’inconscient, la réalité et le rêve.
La patrie du mythe : le « no man’s land » entre le conscient et l’inconscient.
Le mythe est une force
Le Mythe par sa célébration rituelle a une certaine efficacité, rassemble la communauté, renforce l’unité et les liens entre les membres, assure un heureux passage à une étape ultérieure de la vie et surtout apporte force et courage pour vaincre ses ennemis.
Revivre le mythe par sa réactualisation rituelle fait participer à la puissance du héros ou à la richesse des évènements initiaux qui sont à l’origine du groupe social. Célébrations, oriflammes, invocations, monuments, tant anciens que modernes, entretiennent les forces de cohésion qui permettent au groupe de survivre.
Fierté le jour de la fête nationale où lors d’une victoire sportive.
On se retrouve plus fier de son identité et de son appartenance à une communauté si valeureuse.
Exemples de célébrations mythiques contemporaines.
Spectacles sportifs, messes, célébrations : recherche d’un réconfort, la célébration d’une conviction inconsciente, fragile mais essentielle pour la vie sociale:
Idée sous-jacente de lutte :
Le bon finit toujours, malgré les obstacles, par triompher du méchant.
Le bien l’emporte sur le mal.
Cette assurance est un ressort essentiel à la vie. Les amateurs l’entretiennent en se livrant à ces célébrations cultuelles (rassemblement, cris, apostrophes, rituel, personnifications, désespoir, espérance ultime, réconfort)
Exemple : Chaplin est une figure mythique. Le personnage de Charlot véhicule un sens au-delà de sa propre personne immédiate (auteur et acteur de film)
Pour comprendre mieux son succès, il est bon de se rapporter aux années de misères qui ont suivi la crise de 1929. Que ressentaient plus ou moins consciemment ceux qui allaient voir Charlot au cinéma?
Au-delà du rire, le petit, l’opprimé, la victime des puissants (riches, polices, machines, institutions, etc.) pourra toujours s’en tirer par son intelligence, par ses ruses et une pirouette triomphale.
Cendrillon est constamment reprise au cinéma, à l’opéra, dans les romans de gare ou dans les films à « happy end » qui en ont fait leur marque de commerce ? Ils explicitent tous le rêve profond de la psyché humaine et répandent partout le même message perçu plus ou moins consciemment :
Un jour ce sera ton tour. (dixit la loterie nationale)
Nous sommes tous « Cendrillon », nous sommes tous un « Canard noir »
« Un jour un évènement viendra t’arracher à ta misère ou à tes opprobres et tu domineras à ton tour ceux qui t’ont méprisé »
C. Les symboles qui ont eu valeurs de mythes.
Mythes d’idées.
Cérémonies à Nuremberg : des foules célèbrent la supériorité de leur race, avec salutations et invocations répétées, le tout sous les vociférations du célébrant.
Rien de mieux que ces « grandes messes » nazies pour réconforter les convictions d’un chacun d’appartenir à une race supérieure promise à dominer le monde pour les mille ans à venir.
Dans la même veine,
Les grandes célébrations rituelles du 1 mai à Moscou où on célébrait dans une démonstration de puissance, les avancées du peuple vers le « paradis rouge ».
Mythes de choses
Au-delà de leur valeur en tant qu’objet de consommation, certaines choses finissent par avoir valeur de symbole et revêtent une signification qui va bien au-delà de leur utilité fonctionnelle et sont vécus comme telles par les fidèles.
Le totem pour les anciens,
Pour les modernes :
Le jeans (à une certaine époque : révolte et autonomie adolescente en Occident) et quelques autres logo qui sont devenus des valeurs par eux-mêmes indépendamment du produit.
Cadillac ou Roll Royce : en plus d’être d’excellentes voitures, ces voitures sont devenues des symboles de la réussite sociale.
Les drapeaux. Ces étoffes colorées provoquent des sentiments d’appartenance, de fierté et d’abnégation. « Mourir pour le drapeau », «S’envelopper dans le drapeau dans un dernier souffle…».
Fouler ou brûler le drapeau peut provoquer des guerres, des séparations ou des affrontements diplomatiques à moins que ce soit, à l’interne, des révélateurs de la traîtrise.
Harley Davidson. La moto pour certains est un moyen de transport rapide et efficace…, moins cependant par temps pluvieux.
Pour d’autres, c’est devenu beaucoup plus : un totem, un objet de culte et de dévotion qu’on astique pieusement, qui les amène à des rencontres tribales et les convoque à des célébrations rituelles hebdomadaires où la communauté fait retentir des pétarades de ralliement et s’enivre des bouffées d’encens (rinçage de moteur). Le mythe exige une initiation, impose son code d’honneur, son costume et ses emblèmes. La secte vend ses indulgences et part à la chasse aux hérétiques. Le mythe assure qu’on peut plaire, du moins via son engin, et rassure ceux qui ont le besoin de ressentir pour exister quelque chose entre les deux jambes.
Les logos. Bien des logos ont une valeur totémique pour un clan ou pour une classe sociale ou tout au moins pour des individus en crise de manque. Les gens qui veulent vivre le mythe et participer à ce qu’Il peut apporter aux croyants doivent payer pour la valeur ajoutée, qui se situe bien au-delà de la valeur marchande et commerciale du produit. Mais quel supplément de personnalité apportent ces mythes modernes! (« donnez du pain à ceux qui n’en ont pas »)
Mythes de personnes
Parfois des individus en viennent à développer autour d’eux une aura qui donne au personnage une grandeur hors-nature, surnaturelle, lui permet de jouer pratiquement un rôle de totem et d’exercer une fonction mythique pour un peuple donné qui pratique évidemment les danses rituelles d’usage.
Cette aura de valeur ajoutée peut venir pour une part d’une certaine compétence personnelle; plus souvent elle est créée par la force ou la propagande. On se fabrique des sauveurs, des dieux, tout comme des basquets ou un parfum peuvent avoir une valeur ajoutée grâce à une excellente publicité créatrice de mythe.
Mythes, légendes et culture.
Les images qui pensent..
Phénix : Rêve d'immortalité, Mort et Renaissance. Possibilité de reprise.
Golem : La nature matérielle s’animant et perçue comme menace ou danger.
Géants / Superhéros: Le héros qui vient à bout de forces apparemment insurmontables.
Sisyphe : La lutte sans espoir. L’action nécessaire et inutile. L’absurde.
3. L’Action chez le primitif.
Le primitif vit dramatiquement comme tout être humain l’écart profond entre ses besoins, ses désirs, et les moyens pour les satisfaire.
Certains objectifs sont à sa portée et facilement réalisables. Il passe à l’action sans sentir le besoin de pratiques exceptionnelles. Il se livre à la cueillette dans son environnement immédiat et dresse son abri.
Mais c’est différent s’il construit cette dernière sur pilotis ou s’il part à la chasse aux bêtes sauvages ou s’il se risque sur la mer ou si une disette s’annonce ou si la maladie le terrasse ou encore si un ennemi s’apprête à l’attaquer. Beaucoup d’impondérables peuvent ainsi se glisser entre son projet et sa réussite tout comme pour l’homme moderne. Cependant ce dernier habituellement s’y prend différemment pour réaliser ses projets, même difficiles.
Perception de l’irrationnel. Des gens envoient des ondes positives ou négatives. Le monde est hostile ou bénéfique.
Pour le primitif c’est là qu’intervient la causalité MAGIQUE qui vient soutenir ses modestes efforts. C’est un effet secondaire de l’animisme dans lequel il beigne. Il lui est difficile d’admettre son impuissance et de se résigner à l’imprévisible, à l’incontrôlable. Ce recours à la causalité magique, c’est croire au pouvoir immédiat supposément efficace de la pensée et de la parole ou du geste rituel par eux-mêmes. Tout comme le magicien qui en spectacle fait sortir un lapin de son chapeau après quelques passes magiques. Ou certains qui se croisent les doigts pour que ça aille bien au lieu de se botter…
C’est le monde merveilleux de l’enfance où l’esprit ne semble pas être arrêté par la disproportion entre la cause et l’effet. Excepté que pour le primitif, ce n’est pas un jeu mais des techniques de survie.
La Parole et le Rituel sont considérés comme efficaces par eux-mêmes et en eux-mêmes. Une danse de la pluie est efficace en tant que telle danse faite de telle manière bien précise.
Si jamais quelqu’un parle d’inondation ou de tremblement de terre devant toi, n’oublie pas de toucher du bois. Où en serions-nous si encore aujourd’hui bien des gens ne nous sauvaient pas perpétuellement des catastrophes en touchant du bois?
Le sorcier, le chaman sont les grands prêtres de ces pratiques. Ils connaissent les recettes secrètes pour se concilier les forces de la nature ou pour jeter des sorts sur l’ennemi.
Aujourd’hui, pour contrôler l’ennemi on préfère larguer quelques tonnes de bombes…
Comment nos lointains ancêtres qu’on dit intelligents malgré tout en sont-ils arrivés à de telles insanités?
Les pratiques magiques prennent le relais de l’impuissance de l’homme et de la résignation qui semblent dictées par la raison mais sont pratiquement impossibles émotivement : tout ce qui peut engendrer une espérance, quelconque ou calmer une émotion à peu près incontrôlable devant l’inévitable.
Pratiques magiques dans la société contemporaine : médecines douces, la centaine de formes de thérapies et les thérapeutes improvisés (s’apparentent davantage à la danse de la pluie qu’aux derniers enseignements de la faculté).
Il y a des faits ou des raisons qui peuvent aider à croire en ces pouvoirs magiques.
1. L’effet placebo. Si dans certains cas des pilules de sucre ont le même effet que l’aspirine, il est fort possible que n’importe quel rituel ou ingestion ait dans des circonstances particulières des effets attendus et que l’on croit avoir provoqués sinon causés. La conviction de la valeur du rituel ou des pouvoirs du sorcier peut amener des bienfaits réels dans certains cas.
2. Les réussites apparentes. Les maladies ne sont pas toutes mortelles et la majorité obéissent à un cycle et guérissent d’elles-mêmes. Le dernier sirop ou le dernier spécialiste ou sorcier consulté peut prendre crédit de la fin de la grippe au bout de deux semaines. Et la pluie qui finit toujours par tomber si l’on danse tous les soirs vient confirmer le rituel. Les quelques cas de réussite due à de multiples causes inconnues éclipsent psychologiquement les nombreux échecs.
3. Le rituel peut donner courage aux participants (comme les cris des sportifs avant de descendre dans l’arène) et ajouter ainsi aux chances de succès de l’opération. Statistiquement, ça « marche une fois sur deux ».
Et si les pratiques magiques ne sont pas efficaces !!!
On sauve les apparences en rationalisant l’échec.
Le sorcier n’avoue pas son impuissance même dans le cas d’un échec. On met en cause des erreurs dans la pratique ou dans le rituel ou dans la suite des paroles magiques et on recommence jusqu’à ce que ça devienne efficace ou que l’effet placebo joue son rôle et prouve l’efficacité des pouvoirs du sorcier ou du chaman.
La danse de la pluie n’est pas efficace ! On a tourné du mauvais coté.., on s’est trompé dans le nombre de tours, il faut agrandir le cercle…. Un sorcier plus puissant a jeté un mauvais sort ( la contre-sorcellerie).
Jusqu’à ce qu’enfin il pleuve et le sorcier en sorte grandi comme la diseuse de bonne aventure qui pour une fois est tombée pile et dont le patelin célèbre à tout vent les pouvoirs exceptionnels.
Planter des aiguilles dans une poupée représentant un ennemi va causer des maux aux mêmes endroits chez l’ennemi visé.
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